Le site de la Gâchette du Maroc n'est plus mis à jour. Vous pouvez encore télécharger l'intégralité des numéros au format PDF.
        | Accueil  |  Magazine  |  Rédaction  |  Contact  |  Syndication Flux rss
Biblicité

La Gâchette dès que tu commences, tu ne veux plus que ça s'arrête !


 
  Top site Maroc
Rap Sex & Rn'B

Publié le 16.08.2005
Article lu 20160 fois
0 commentaire(s)

Imprimer l'article
Envoyer à un ami
Taille du texte  


N'avez-vous pas remarqué une dérive dans les clips de rap ou de Rn'B ?
Le rap des années 80, le Rn'B ou la funk d'antan n'étaient pas si vulgaires qu'aujourd'hui.
Vulgaire ? Oh, tout de suite les gros mots.

Oui vulgaire car aujourd'hui la norme pour les clips de musique (la black music) c'est d'avoir au minimum une vingtaine de filles -le terme exacte serait pouliches intermittentes du spectacle- en bikini, short moulant, décolleté rivalisant avec les falaises d'Etretat, ou tenues semi transparentes (toi ton père était vitrier !)...
« Hé ho regarde Ali, un i-mac. On voit tout l’intérieur. », s’écria Chrek goulûment au passage de la jeune fille en tenue translucide.
Elles ne s'arrêtent pas là nos danseuses de cabaret new look, elles n'ont de cesse de bouger leur corps de manière sensuelle, voire plus si affinité, dans l’unique but de susciter le désir chez le téléspectateur. Les mecs dans ces clips ? Ils ne sont pas en reste puisqu’ils sont tous torse nu, muscles apparents, tatouage de scorpion, de serpent ou de dragon sur le dos ou le bras, chaîne en or de douze kilos sur le cou. Meskin, il est enchaîné comme à l'époque de l'esclavage sans s'en rendre compte. L'histoire se répète mais de manière subtile.
A la main, toujours une bouteille de Sky d'un litre, souvent couverte d'un sac en papier. Cette manie est tellement récurrente qu'aujourd'hui, pour montrer qu'on est "in", on emballe la bouteille de Desperados dans un sac en papier, histoire de rester dans le style West Coast.
Nos stars de la musique fashion ont toutes un joint de marijuana entre les doigts. L'herbe et l'alcool, un mélange détonnant qui leur donne une haleine de dragon. Vous me direz, avec le tatouage sur le dos on reste dans l'ambiance.
Tout ce mélange est le nouvel exemple pour la jeunesse bercée par les basses et autres rythmes saccadés du rap & Rn'B.
Donc musique, sexe, drogue est le nouveau panaché culturel pour ces jeunes des quartiers. Il faut admettre que dans les banlieues françaises on ne jure que par ces genres musicaux, pour les anciens la funk ou le reggae. Inutile de chercher un amoureux de la valse, du bal musette, ou de la symphonie de Bethov au Val fourré ou aux Minguettes (je caricature mais c’est assez proche de la réalité). Il faut du son, du pur, du lourd, celui qui est à la mode et qui fait vibrer les filles et les garçons.

On peut effectivement s'inquiéter lorsqu'un gamin de huit ans passe devant vous en chantant "i wanna fuck you ou, ou...". On peut également s'interroger sur le rôle des parents quand leur fille adorée demande : "Maman, tu peux m'acheter le CD de Missy Elliot : "I'm a bitch". Prémonitoire ? Inquiétant !
Vous me direz, on garde un fil conducteur, une logique entre les "i wanna fuck you" et les "bitch". Sordide, j'en conviens.
Mais la violence, qu'elle soit physique ou sexuelle (je me permets de séparer les deux notions), est probablement alimentée par ces clips donnant des "valeurs" aussi positives aux plus jeunes.
Bref, la situation est grave. Les mères poussent les aiguës mais leurs progénitures ne peuvent échapper aux phénomènes de mode ayant envahis les tours de bétons. Les mères s'arrachent même les cheveux quand leurs filles s'habillent à la mode clip MTV. Soutien gorge à dentelle, string et pantalon moulant taille basse. Bien évidemment, le string faut le montrer. "Hé ho regardez-moi. Hé les garçons je suis rose, vous avez vu." : cria le string avec volupté.
Et la pauvre mère, pour qui déjà mettre des jeans serait inconcevable et pudiquement incorrecte, de se lamenter : "Ah willi, willi." -rien à voir avec le film « Sauvez Willy »-. Sa main droite se porte alors sur sa joue gauche pour la lacérer de désespoir. Pourquoi la joue gauche ? Parce que la droite lui fait déjà assez mal après les déboires de l’aînée.
Elle continue : "Wa ndemtou gri. Wa hbaybi ki radi n'dir ma3 had el mosseba."
On peut lui conseiller de l'inscrire à la Star Ac' -la fille pas la mère-. Au point où elle en est, c'est ce qui peut lui arriver de mieux.
Les parents sont dans le désarroi total, complètement dépassés par les évènements. Ils sont restés figés sur les mœurs de leur pays d'origine dans les années 60, et leurs enfants sur la mode MTV millésime 2005. Aujourd’hui, des filles de douze ans demandent à leur mère de leur acheter un string. Il y a de quoi devenir intégriste quand même. Je dirais même plus, il y a de quoi devenir « instringriste ».

D'ailleurs, le plus comique dans ces quartiers c'est la juxtaposition des enfants sauce Destiny Child ou Britney Spears, et les enfants de la mouvance "Silence des mosquées" vêtus de hijab. La dégradation des mœurs sous l'influence des médias, et plus particulièrement des clips mode East Coast, s'est accompagnée d'un retour vers la religion d'une frange de cette jeunesse. Les relations entre les deux groupes ne sont pas forcément conflictuelles.
C'est dans les quartiers, et nulle par ailleurs, que vous verrez Rachida et Jamila tenir cette conversation :
- Salam Rachida.
- Yo Jam. Tu vas bien cousine. La pêche wesh ?
- Labass Hamdoullah. Dis-moi, tu as acheté un nouveau string.
- Weah. Je l'ai eu en solde avec ce sous-tiff. Franchement trop de la balle.
- Mebrouk alors le nouveau string.
- Merci. Et toi il est nouveau aussi ton voile.
- Oui je l'ai acheté au marché dimanche dernier.
- Wa bsahtek! Il déchire la vie de ma mère.
- Allah y selmek.
- Nan franchement t'as raison, toi t'es dans le dine et tout. Moi j'ai envie tu vois. Mais je peux pas. J'aime trop m'habiller à la mode et aller en soirée."

Sur-réaliste ? A peine !
Normalement, les ultra-conservateurs et les ultra-debardeurs sont minoritaires. Aujourd'hui dans les quartiers, ils sont devenus des éléments de poids. En tout cas, on ne voit qu'eux.
Les excité(e)s des "Ni putes ni soumises" s'acharnent sur le "garçon arabe", cause de tous les maux de la société française, en oubliant lâchement de s'attaquer aux raisons alimentant le problème. Il est plus facile d'attaquer Mouloud que de s’en prendre à MTV qui fait partie du système auquel elles adhèrent.
Quoique ! Il parait qu'il y a un Mouloud à MTV. Le pauvre, j'espère qu'ils ne l'ont pas obligé à mettre un string.

Bouchta Jebli | Copyright La Gâchette du Maroc
Avertissement : La Gâchette du Maroc est un magazine satirique. Les informations publiées sont souvent teintées d'humour et de dérision. Même si la satire se base sur des éléments rééls, nous l'habillons souvent d'éléments fictifs pour la caricature.

Warning: mysql_connect() [function.mysql-connect]: Access denied for user 'gachette'@'localhost' (using password: YES) in /home/gachette/www/comment/comments.php on line 8

Warning: mysql_select_db(): supplied argument is not a valid MySQL-Link resource in /home/gachette/www/comment/comments.php on line 9

Warning: mysql_query(): supplied argument is not a valid MySQL-Link resource in /home/gachette/www/comment/comments.php on line 190

Warning: mysql_fetch_array(): supplied argument is not a valid MySQL result resource in /home/gachette/www/comment/comments.php on line 194
Soyez le premier à donner votre avis...