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Les RME se baignent chez eux

Publié le 16.08.2005
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Les RME rentrent au Maroc chaque année pendant la saison estivale dans l’espoir de retrouver un Maroc meilleur, surtout quand ils écoutent le refrain « marhba beekom febladkom » croyant qu’ils sont les bienvenus chez eux pour la beauté de leurs yeux.

Ils se baignent et contractent souvent un rhumatisme qui coûtera cher aux pays d’accueil. Je vous raconte ici l’expérience de mon retour au Maroc cette année, mon but étant de prévenir les RME n’ayant pas encore franchi la méditerranée pour qu’ils changent leur cap vers la Grèce ou la Tunisie. Vous allez me dire et l’Algérie alors ? Je vous dirais tout simplement qu’un monsieur des services secrets marocains m’a approché pour que j’adhère au mouvement révolutionnaire Sahraoui, alors je ne veux pas brûler toutes mes cartes, c’est la vie et le temps « denia w zmaan » pour les intimes. L’expérience de l’aéroport fut toujours un calvaire pour moi. Cette année fut l’exception car j’ai accueilli avec joie l’insertion d’une ligne spéciale des RME aux aéroports et j’en salue les ingénieurs. Comme le retour commençait mal pour moi les années précédentes, le bon déroulement du voyage cette année était un mauvais présage. Une fois le décalage hors pair neutralisé, le RME doit affronter l’emballage hors air, ce qui signifie un pays agonisant dans un carton embelli présenté par une mafia fassia ayant tété longtemps du sein des colons- et le récit érotique de ces derniers ne décrit que des seins avares ou absents- avant de se faire passer pour une résistance nationaliste. L’heure de la révolution des amazighes, blédards, jbalas et sahraouis approche et la mafia andalouse doit rendre compte de ses déboires devant une instance d’équité et de transparence. Je feuillette l’organigramme de toutes les banques marocaines et les institutions sans tapage médiatique et je ne vois que des Benjelloun, Tazi, Benchekroun et Skalli. Je me rappelle si bien une certaine madame Tazi qui ne voulait pas marcher vers le micro d’une conférence de Mahdi Elmandjra au Canada pour poser sa question. Mahdi lui dit alors « Appelez le il va venir ! ». Avec Mahdi Elmandjra, on répète tous « baraka » et ce ne sont pas des propos racistes dans une logique qui fait de tous ceux qui ne sont pas des « fassistes » des fascistes. Je vous raconte ici quelques épisodes de mon passage au bled tout en vous priant d’aimer le Maroc car ce pays est tout ce que l’on a- au fait l’ONA j’aimerais bien y déposer mon CV et je vous jure sur la vie de Jamel Debbouze que je suis Idrisside- et on ne peut se permettre d’étaler notre linge sale ailleurs. Ma lingerie désespère tellement qu’elle essaie d’immigrer clandestinement en me laissant sans culottes, et si vous vous rappelez bien vos cours d’histoire, les sans-culottes ont fait pleins de révolutions.

Avec le bodyguard il faut toujours être en garde
Ma famille au Maroc m’a offert, comme cadeau, un billet pour assister au spectacle du comédien égyptien Adil Imam « bodyguard » au complexe sportif de Rabat. Mon ticket était VIP et a coûté 350 Dhs. Le siège était numéroté, ce qui a apaisé ma testostérone. Il y avait une queue assez désordonnée et la porte des VIP était encore fermée. On a ouvert celle des billets de moindre valeur. Les masses laborieuses ont pris leurs sièges en arrière, et quand notre porte s’est ouverte, on n’a trouvé aucun siège numéroté. On devait chercher des chaises au petit coin pour les étaler n’importe où. Comme les masses laborieuses étaient déjà assises, et comme il y avait un communisme spatial (le walou terrien), ils (les bourgeois de moyenne classe) furent devancés par le peuple. Nos chaises flirtaient de façon impudique avec les hauts parleurs. Mais comme notre pays est musulman, les responsables ont joué de la musique assourdissante, en guise de garants de la tradition malékite. Ceci pour inciter les gens de la débauche au départ involontaire, car le flirt en public est passible de prison ferme même si l’outrage en question réunit un homme et une chaise. Au Maroc, même les objets ont de la valeur. Ils ont des voix et des sentiments, et quand vous voyez des chaises vides ne pensez pas -comme ceux qui sont jaloux de notre succès- directement au parlement buissonnier ! La chaise vide est un acte symbolique qui reflète l’attachement du Maroc aux droits des chaises tels que reconnus universellement, loin de cette exploitation des chaises mineures comme le font nos voisins. La cacophonie assourdissante au complexe sportif avait pour but d’arrêter notre étreinte avec les hauts parleurs. Quand on se demanda la raison pour laquelle l’organisation fut un fiasco, on nous dit que les organisateurs de la veille ne furent pas payés, alors ils rentrèrent en grève le jour de notre spectacle. Comme les événements au Maroc suivent une logique arithmétique, on assista le lendemain au développement décroissant. Le premier jour, c’était bien organisé. Le deuxième jour, c’était chaotique mais le spectacle eut lieu et au troisième jour, qui était censé clôturer la tournée de ce comédien, le spectacle fut annulé, et les gens ne furent point remboursés. Une femme présente cria, devant cet échec de ceux qui voulaient organiser la coupe du monde, « nous ne méritons guère le rire ». Je suis allé au complexe pour rire, mais le rire était ailleurs et je suis revenu avec un complexe. De toute façon, le rire et le complexe étaient au rendez-vous, donc chose promise chose due.

Le développement humain : diagnostic d’une névrose collective
Le Maroc suit toujours la mode. Cette année c’est le tour du développement humain. Je salue cette initiative qui m’a inspirée pour parler de développement des chaises. Sincèrement, je crois que l’origine du sous-développement au Maroc, le prochain dragon…qui brûle, est culturelle. La thérapie ne peut donc être qu’au niveau des ressources humaines. Les symptômes de la névrose au Maroc sont la corruption, le non civisme et la jalousie. Le cœur du problème est psychanalytique puisque les marocains refoulent sans cesse tous leurs problèmes psychiques qui se manifestent au niveau sociopolitique. Le complexe d’Œdipe se rabat avec force sur notre empire chérifien surtout au niveau de la relation père/fils. Le fils normal et sain doit accepter, au stade de l’enfance, la suprématie du père. Les enfants qui ne l’acceptent pas deviennent des névrosés qui ne peuvent jamais oser. Ceux qui tuent le père symboliquement deviennent autoritaires et sans conscience (je vous déconseille de lire Gilles Perrault ici, car c’est mauvais pour votre digestion). Le marocain cherche toujours la culpabilisation de l’autre, se met en colère pour une tartine et se cherche une identité. Le pays rend ses voisins coupables, crie contre ceux qui sont moins forts et ratifie tous les traités qui maintiennent son érection. On parle souvent de rapport économique et de rapport des droits de l’Homme, mais on omet le rapport psychologique sur le Maroc. Quand on érige le développement humain comme une priorité nationale, l’euphémisme est clair « vous êtes des malades et vous soigner est notre devoir », mais je demande quel ministère s’occupera d’une telle corvée. Est-ce le ministère de la santé ? Ou de l’économie ? Devons-nous créer un ministère d’amour et dans ce cas quelle position adoptera le missionnaire ? Aura-t-il besoin d’un dictionnaire ? Est-ce un nouveau mode de gestion du discours contestataire ? Est-ce la solution pour dissiper chez nos jeunes l’esprit suicidaire ? Les marocains n’ont-ils pas importé des requins pour arrêter les immigrés de fuir leur air ? N’ont-ils pas offensé le belge qui a su comment des seins de nos filles traire ? Mais pourquoi, face aux moutons qui font pire, nos gardiens ne font que se taire ? Et jusqu'à quand la masse -courbette faisant- continuera-t-elle de braire ? Moi-même muet je deviendrais si on me nommait maire, mais maintenant ma plume vomira sur les habitants de cette terre, et pourquoi devrons-nous payer les pots cassés de ceux qui ont tué leurs pères ? Moi en tout cas, j’ai déposé mon dossier pour créer une ONG aux buts multiples dont la mission est de favoriser la corruption et de légaliser les joints de Hashish avec la prostitution. Je m’imagine bien une marche pacifique de protestations où les gens feraient leur besogne sur les sigles des partis politiques. Vive l’été et les plages où les gens font leur besogne sans être des ivrognes. Quand on parle des RME, on est en train d’analyser le revenu minimum d’expatriation dans le volet économique. Ce nom évoque aussi le retour des maniaques errants, ainsi que le refus des mouvements étatiques. Mais doit-on considérer les employés des ambassades des RME ou des diplomates ? Cela dépend de l’argent qu’ils font rentrer…ou sortir !

Abdelillah Bouasria | Copyright La Gâchette du Maroc
Avertissement : La Gâchette du Maroc est un magazine satirique. Les informations publiées sont souvent teintées d'humour et de dérision. Même si la satire se base sur des éléments rééls, nous l'habillons souvent d'éléments fictifs pour la caricature.

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