Publié le 28.02.2006
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Le seul intérêt qu’on peut porter au film se résume dans la description du mode de vie d’une certaine élite marocaine nantis et vivant dans leur microcosme doré. C’est un travail qui pour moi n’a jamais été fait de façon aussi crue et aussi franche que dans le film Marock.
Une scène résume à elle seule tout l’intérêt du film : lorsque Sofia apprend à Rita que son père est ruiné et lâche dépité qu’elle ne pourra pas partir à l’étranger finir ses études. Elle ajoute avec peur et tristesse qu’ici les pauvres ne nous aiment pas nous les gens de haute société. Si elle nous prouve que ces adolescentes écervelées sont conditionnées par les phobies de leurs parents attachés à la société féodale, cette scène nous révèle aussi l’estime qu’elles portent aux Maroc et au marocains. C’est également un révélateur du système hiérarchique au Maroc basé sur l’argent et l’apparence.
Un système hiérarchique à la fois hypocrite et sans pitié notamment quand la jeune Sofia doit épouser Ali pour éviter la ruine de la famille. Ali qui est au courant du marché entre ses parents et ceux de Sofia n’hésite pas à s’en servir comme gage de supériorité face au frère de sa promise. Il le traite comme un moins que rien et lui lâche en public que s’il se marie avec sa sœur c’est pour sauver sa famille de la misère. On retrouve ainsi le monde cruel de la société féodale qui régie cette classe bourgeoise marocaine.
Prisonnière de ce monde de l’apparence, cette élite n’a pas conscience de ces tares. L’hypocrisie, la soumission, l’égoïsme, le rejet, le vol, la corruption et l’injustice sont élevés au stade de vertus. Triste Marock.
Bouchta Jebli | Copyright La Gâchette du Maroc
Avertissement : La Gâchette du Maroc est un magazine satirique. Les informations publiées sont souvent teintées d'humour et de dérision. Même si la satire se base sur des éléments rééls, nous l'habillons souvent d'éléments fictifs pour la caricature.
27 Oct 2008, 21:14