La Gâchette du Maroc : Magazine satirique marocain

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Polémick au Marock

28.02.2006

Le réalisateur Mohamed Asli a été l’initiateur de toute la polémique qui a permis au film de se faire de la publicité gratuitement. On peut facilement supposer qu’il l’a fait plus pour régler des comptes avec Nouredine Saïl, président du CCM, que pour une soit-disante protection des valeurs musulmanes et de la dignité des marocains.

Car après avoir vu le film, il n’a rien de si choquant que ça. Une fille issue de la bourgeoisie casablancaise, voit la religion plus comme une entrave qu’autre chose du fait de l’éducation donnée par ces parents, soixante-huitards attardés. Soyons honnêtes et reconnaissons à Leïla Marrakchi d’avoir décrit une réalité marocaine qui caractérise une grande partie de notre bourgeoisie. Des gens qui ne jeûnent pas pendant le Ramadan, qui boit de l’alcool et même qui mange du saucisson à l’ail (inutile de préciser que c’est du cochon) existent parmi nos compatriotes nantis. Doit-on blâmer Leïla Marrakchi d’avoir décrit un univers dont elle est issue et d’avoir mis à l’écran toutes les tares de ses ami(e)s de « Oulad la Mission » ?

Ce qui a le plus choqué est sans aucun doute ce côté rebelle contre la religion musulmane et « hab el mlouk sur la merendina » qu’elle sorte avec un hum hum, un juif. A willi, willi, willli, willi. Un quoi ? Un jouuuuuuuif ?
Et alors ? Qu’y a-t-il de choquant à voir une marocaine athée de père en fille, sortir avec un juif ? Dans le milieu de cette bourgeoisie pourrie, gâtée, il semble plus facile de se lier à une famille juive du même milieu social que de contracter mariage avec un geu musulman issu de Khouribga. C’est un monde fermé avec gardien devant l’entrée du quartier résidentiel qui vit en total autarcie. C’est un Maroc parmi tant d’autres. Le nier et ne pas vouloir que ce Maroc soit filmé, c’est faire preuve d’hypocrisie.

Si vous voulez un Maroc lisse, homogène, il faut vous acheter une carte postale. Car moi je préfère un Maroc pluriel, contrasté car c’est ce qui fait son charme, bien que je n’ai aucune affinité avec le milieu aristocrate casablancais.

Bouchta Jebli | Copyright La Gâchette du Maroc